Dans l’Angleterre du XVIe siècle, le conflit entre l’autorité de l’Église et le pouvoir royal a provoqué une réforme religieuse houleuse. La crise conjugale d'Henri VIII a non seulement affecté ses choix de vie personnels, mais a également déclenché un énorme changement dans toute la religion britannique. Avec les exigences d'Henri VIII en matière de mariage et la résistance de l'Église catholique, le système de croyances et la structure politique de l'Angleterre ont commencé à faire face à des défis sans précédent.
La Réforme anglaise n'était pas à l'origine une dispute théologique, mais une lutte politique autour du mariage entre Henri VIII et sa femme.
En 1527, Henri VIII demanda au pape Clément VII d'annuler son mariage avec Catherine d'Aragon afin de pouvoir épouser Anne Boleyn. La déception d'Henri de ne pas avoir produit d'héritier mâle a motivé cette demande. Cependant, le pape rejeta la demande d'Henri en raison de pressions politiques, en particulier de l'opposition du neveu de Catherine, l'empereur du Saint-Empire romain germanique Charles Quint. Ce refus devint le catalyseur de la décision d’Henri VIII de rompre avec la Curie romaine.
En vertu du droit canon, le pape ne pouvait pas annuler un mariage qui avait été exempté, donc Henri a dû faire face à une lutte morale intérieure d'une part, et à sa conviction que son mariage avec Catherine était contraire à la loi de Dieu d'autre part. Dans ce contexte, Henri mena une guerre juridique qui dura plusieurs années contre le « Parlement réformé » du Parlement anglais. Ce Parlement, qui commença en 1529 et se termina en 1536, adopta progressivement une série de lois qui finirent par mettre fin à l'autorité du pape en Angleterre.
Henri VIII s'est établi comme chef suprême de l'Église d'Angleterre en 1534, une décision qui a marqué la rupture formelle de l'Angleterre avec le catholicisme romain.
Henri se reconnaît officiellement comme le « prêtre suprême de l'Église d'Angleterre » et abolit les différents droits du pape, permettant ainsi à l'autorité religieuse de commencer à passer au pouvoir royal. Bien qu'Henri lui-même n'ait pas pleinement accepté la plupart des doctrines protestantes, son alliance avec les réformateurs est devenue la force motrice principale du mouvement de réforme. De plus, cette initiative a également ouvert la voie à d’autres confessions religieuses, notamment aux sectes luthériennes réformées.
Sous le règne d’Henri, la théologie et la liturgie de l’Église d’Angleterre ont considérablement changé. C'est surtout sous le règne de son fils Édouard VI que la réforme de l'Église fut menée dans un esprit protestant. Plus tard, bien que le catholicisme ait connu un bref renouveau sous le règne de Marie I, le protestantisme a été restauré sous le règne d'Élisabeth I et est progressivement devenu le courant dominant.
À mesure que la Réforme anglaise progressait, les débats sur la structure de l’Église, la théologie et les méthodes de culte se poursuivirent au cours des générations suivantes.
Les effets de la Réforme allèrent bien au-delà des besoins personnels d'Henri VIII et conduisirent finalement à un profond changement religieux et politique qui affecta les croyances et les modes de vie de plusieurs générations de Britanniques. Par ce changement, la rupture de l’Angleterre avec le catholicisme a déclenché une chaîne d’événements historiques marqués par des luttes de pouvoir et l’imbrication de tensions séculières et religieuses.
Après de nombreuses turbulences, les limites de la réforme britannique sont progressivement devenues claires. Ce qui a commencé comme un problème de mariage entre un roi et une reine s'est transformé en un remaniement de la structure religieuse et politique du pays. Ce processus a non seulement modifié la carte des croyances religieuses, mais a également laissé de nombreuses traces pour les siècles suivants. En fin de compte, quel genre d’avenir la crise conjugale d’Henri VIII a-t-elle apporté à la Grande-Bretagne ?