Nutrition Clinique et Me´tabolisme | 2021

Les habitudes alimentaires des familles françaises pendant le confinement lié au COVID-19 : (comment) ont-elles changé ?

 
 
 
 

Abstract


\n Introduction et but de l’étude\n La pandémie liée au COVID-19\xa0a conduit la France à imposer un confinement strict, affectant les habitudes des familles dans de nombreux domaines. Cette étude visait à évaluer les changements possibles dans les comportements alimentaires des enfants, les pratiques éducatives parentales en matière d’alimentation et les motivations d’achat des aliments, pendant le confinement par rapport à la période avant confinement.\n \n Matériel et méthodes\n Pendant le confinement, les parents de 498\xa0enfants âgés de 3\xa0à 12\xa0ans (238\xa0garçons\xa0; M\n =7,32\xa0; ET\n =2,27) ont répondu à une enquête nationale en ligne comprenant les items issus de questionnaires validés (ex. CEDQ, CEBQ, HomeSTEAD). Ils ont décrit leur situation et celle de l’enfant pendant le confinement, et rétrospectivement sur la période le précédant (volet quantitatif). L’enquête comprenait aussi trois questions ouvertes (volet qualitatif) pour lesquelles les parents pouvaient partager leurs expériences positives et négatives concernant l’alimentation familiale durant cette période, et ce qu’ils aimeraient maintenir au-delà.\n \n Résultats et analyse statistique\n Dans le volet quantitatif de l’étude, de nombreux parents ont signalé des changements dans les comportements alimentaires des enfants (60\xa0%), dans les pratiques éducatives (65\xa0%) et dans les motivations d’achat des aliments (85\xa0%). Lorsque des changements étaient décrits, l’appétit de l’enfant, le plaisir à manger, la «\xa0réactivité aux aliments\xa0», le «\xa0manger émotionnel\xa0» et la fréquence des collations augmentaient. Aussi, 53\xa0% des parents rapportaient une augmentation du niveau d’ennui de leur enfant. L’ennui accru des enfants prédisait de manière significative une augmentation de la «\xa0réactivité aux aliments\xa0» et de la fréquence des collations entre les repas. Lorsque les parents ont changé leurs pratiques, ils sont devenus plus permissifs\xa0: moins de règles, plus d’apaisement avec la nourriture («\xa0soothing with food\xa0»), plus d’autonomie de l’enfant dans le choix des aliments à consommer, dans les quantités consommées, et du lieu de consommation. Les parents achetaient plus fréquemment des aliments «\xa0plaisir\xa0» et durables, préparaient plus de repas «\xa0faits maison\xa0» et cuisinaient davantage avec l’enfant. Ces changements des pratiques et motivations des parents étaient expliqués par le niveau d’étude, la situation professionnelle et financière et l’augmentation du niveau de stress. Les analyses du volet qualitatif révèlent, sur le versant vécu positivement, une réappropriation de l’alimentation tant sur la qualité des aliments choisis (locaux, frais…) que sur les pratiques (importance du «\xa0fait-maison\xa0», de la transmission…), et un plaisir affirmé de cuisiner ensemble et de partager les repas. Sur le versant négatif, les parents soulignent la surcharge imposée par la fréquence des repas à préparer, le stress et la surconsommation.\n \n Conclusion\n Le confinement a entraîné des changements notables dans les habitudes alimentaires des familles\xa0: les comportements et pratiques sont devenus plus centrés sur l’enfant, et plus axés sur les valeurs de plaisir, de commensalité et de durabilité.\n

Volume 35
Pages 25 - 26
DOI 10.1016/j.nupar.2021.01.014
Language English
Journal Nutrition Clinique et Me´tabolisme

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